Mairie de Evry-Grégy-sur-Yerres       Canton de Brie-Comte-Robert

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Patrimoine
Le Prieuré de Vernelle

Publié le : dimanche 13 mars 2005

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LE PRIEURE DE VERNELLE

Le promeneur qui va de Suisnes à Evry, en suivant l’Yerres, aperçoit au fond du vallon, non loin des bords de la rivière, le petit monastère de Vernelle. L’aspect gracieux de sa vieille chapelle dont la silhouette se dresse au milieu des bâtiments qui l’entourent est bien fait pour le séduire ; et si, sensible au charme qui émane des choses du passé, il consent à nous suivre, nous remonterons avec lui le cours des années, pour rechercher son origine et retracer ses destinées. La plus ancienne description de Vernelle que nous connaissions date du XVIIe siècle ; nous la devons à l’abbé Lebeuf, qui, à cette époque et au commencement du siècle suivant, fit sur l’histoire ecclésiastique de Paris et de ses environs, de savantes et minutieuses recherches. Au temps où il vivait, Vernelle n’était pas considérable par le nombre de ses habitants. C’était un prieuré de l’ordre de Saint-Benoît, dépendant de l’abbaye de Chaumes-en-Brie. "Il n’y a en cet endroit, dit-il dans son histoire du diocèse de Paris, que la chapelle et la ferme. C’est tout en bas du vallon qui est quasi à découvert à l’orient d’été d’Evry, sur le chemin pour aller à Grisy au bord de la rivière d’Yerres, qui, la plupart du temps, coule en ces cantons par dessous la terre. Ce prieuré est dans la liste de ceux du doyenné de Moissy au pouillé parisien du XVIIe siècle, et il y est appelé Vernelles... L’église est petite et sans ailes, d’une bâtisse du XIIIe siècle assez solide. On y voit encore des vitrages rouges qui sont de ce temps-là, et qui représentent la vie de la Sainte-Vierge, ce qui me fait croire que Notre-Dame est le titre de cette église, néanmoins, on voit à l’autel une image de Saint-Leu en pierre, et celle d’un saint martyr. Dans un visa du 21 novembre 1545, ce prieuré est dit B.Mariae ; dans un autre du 20 mars 1581, il est dit S.Blasii ; et dans un autre du 4 septembre, il est dit Sancti Lupi. Cette église, quoique petite, est cependant partagée en choeur et en nef. Cette dernière partie est profanée. On y voit une tombe sur laquelle est une croix relevée en bosse ; dans le choeur, au côté gauche ou septentrional, est une autre tombe, dont les lettres qui sont gothiques capitales, sont trop effacées pour qu’on y découvre rien. On y aperçoit encore un écusson mal fait ; c’est peut-être la sépulture du fondateur. Comme tous les titres de l’abbaye de Chaumes, mère de ce lieu, ont disparu pendant les guerres du XVe siècle, de là vient qu’on ignore son nom et en quel temps il vivait. Ce qui est sûr, c’est qu’il a vécu au plus tard à la fin du XIIe siècle ou dans le cours du suivant. Ce petit monastère pourrait bien être l’effet de la piété de Jean d’Evry, chevalier qui vivait sous le règne de Saint Louis et qui voulut le suivre dans la dernière croisade où ce saint roi mourut." L’hypothèse de l’abbé Lebeuf sur la fondation de Vernelle est en contradiction avec une tradition locale qui donne au prieuré une ancienne et curieuse origine. Il y aurait eu jadis en ce lieu, en des temps reculés, un temple dédié à Vénus Verna. C’est sur les ruines de ce temple, qu’à une époque dont la tradition ne parle pas, que le prieuré aurait été fondé pour servir d’asile aux voyageurs au milieu des grands bois. Le souvenir de Vénus ne fut pas cependant perdu, et le petit monastère reçut le nom de Vernelle, où se trouve comme un écho du nom de Verna attribué à la déesse. Il y a peut-être plus de fantaisie que de vérité dans cette légende, et l’histoire du temple païen telle que la rapporte la tradition est si lointaine qu’on ne peut l’accepter sans défiance. Il existe, sous le nom donné à l’église du prieuré, une autre légende, mais celle-là plus certaine. On sait que Saint- Leu ou Loup, évêque de Sens, revenant d’un exil en Etrurie, passa par Paris où le roi Clotaire II l’avait mandé ; en retournant ensuite de Paris à Sens, il s’arrêta une nuit à Vernelle. En souvenir de cet événement, l’église, rebâtie au XIIIe siècle, aurait été dédié à ce saint. La présence dans cette église d’une statue de Saint-Leu que l’abbé Lebeuf vit encore au XVIIe siècle, semble confirmer cette tradition. Le nombre de religieux de Vernelle ne fut sans doute jamais considérable ; un corps de logis situé au fond de l’ancienne cour, en face de la chapelle, et de dimensions restreintes, leur servait de résidence. Cet édifice, qui subsiste encore, ne présente rien de remarquable. Cependant, malgré sa modeste étendue, le petit monastère jouissait de privilèges importants. De Vernelle dépendait, sur la rive opposée de l’Yerres, dans un lieu dit la Varenne de Rochefort, un fief nommé les Bordes. Le prieur avait sur ce fief, haute, moyenne et basse justice. D’autre part, le seigneur de Suisnes possédait dans la Varenne des Bordes, un territoire pour lequel il devait rendre hommage au prieur de Vernelle ; mais plus tard, par suite de la négligence des prieurs, les seigneurs de Suisnes érigèrent en fief ces terres de la Varenne, et en reportèrent l’hommage au seigneur de la Grange-le-Roi, dont relevait lui-même le château de Suisnes. Le prieur de Vernelle était, de son côté, tenu envers le seigneur de Suisnes à certaines obligations, à cause d’une pièce de 15 arpents qu’il possédait dans la censive de celui-ci. Il devait, nous dit l’almanach de Seine et Marne, porter chaque année au château de Suisnes, le jour de Pâques, une quarte de vin et un gâteau de fleur de froment. S’il négligeait cette observation, il s’exposait à voir le seigneur s’emparer de ses dîmes. Le produit de cette redevance servait à donner la collation aux habitants de Suisnes revenant d’entendre la messe à l’église de Grisy. Cet usage a subsisté jusqu’à la révolution. Le prieuré de Vernelle cessa dans la suite d’être conventuel. Il aurait été sécularisé, à en croire une tradition répandue dans le pays, par suite de circonstances bizarres. Les moines ayant fabriqué de la fausse monnaie, ce crime aurait entraîné latransforma-tion de leur couvent ; c’est en raison de ces mêmes événements que la foire de Notre-Dame de Septembre, qui se tenait alors à Vernelle, aurait été transportée à Montéty où elle se tient encore.

Quoiqu’il en soit, le titre de la chapelle fut transporté à Evry, et dans les bâtiments du vieux monastère, une ferme fut établie. C’est à cette époque sans doute qu’une partie de l’église fut profanée ; mais malgré cette profanation, les populations d’alentour continuèrent longtemps à venir en pélérinage au sanctuaire de Saint-Leu. On n’avait pas du reste, malgré la sécularisation du prieuré, cessé d’y nommer un titulaire, ainsi que le prouve la pièce suivante datant de la fin du XVIIIe siècle : Le 10 avril 1774, Fauvelay, prêtre chanoine régulier de l’abbaye du Jard, fondé de procuration de Messire l’abbé Mirebeau, prieur titulaire et seigneur haut justicier de Vernelle, donne pouvoir au sieur Thomas, fermier, de se trouver en son nom au bornage entre la seigneurie de Cordon et celle de Vernelle, et de faire marquer la lettre V les bornes qui seront placées en face des terres et de la haute justice du prieuré. Survint la révolution, et avec elle la confiscation des biens de l’Eglise. Le prieuré de Vernelle fut déclaré propriété nationale, et comme tel, mis à l’encan. Le 23 février 1791, il fut vendu par adjudication au district de Melun, au sieur Crampon, moyennant une somme de 16 000 francs. L’heure de la ruine suprême avait sonné pour le vieux monastère. La partie de sa chapelle jusque là respectée fut à son tour profanée et convertie en magasin à fourrage. Tout ce qui l’ornait encore fut détruit ou dispersé, c’est alors que disparurent les vitraux rouges dont parle l’abbé Lebeuf, et les deux tombes dont il nous a laissé la description. Seules les deux statues qui ornaient l’autel ont survécu au naufrage et sont venues jusqu’à nous pour nous dire quelque chose du passé. Ici s’arrêterait ce court aperçu sur l’histoire de Vernelle, s’il ne nous restait quelques mots à dire sur l’un de ses habitants, qui a joui en son temps d’une certaine célébrité. Le 17 Brumaire, an XII, le sieur Thouroul, alors propriétaire, vendit Vernelle au chevalier de Lauzanne de Vaux-Roussel, qui avait épousé une demoiselle Laroche, de Grisy-Suisnes. De cette union naquit à Vernelle, le 4 novembre 1805, Augustin-Théodore de Lauzanne, qui devait se faire connaître dans la suite par ses oeuvres dramatiques. Telle fut à travers les longues années de son existence la destinée modeste du petit monastère de Vernelle. Il n’a pas, il est vrai, été témoin d’événements mémorables et ses vieux murs ne rappellent ni faits historiques ni légendes surprenantes, mais ce qui en reste peut du moins fixer l’attention et mérite qu’on s’y arrête. Les intéressants vestiges que sa chapelle renferme encore, feront l’objet d’une étude postérieure. Jacques de NOIRMONT

CHAPELLE DE L’ANCIEN PRIEURE DE VERNELLE

Vernelle aujourd’hui aménagé à l’usage de ferme est situé sur le territoire de la commune d’Evry-les-Châteaux, Seine et Marne. Cette ancienne communauté qui fait actuellement partie du domaine de Suisnes, était autrefois un prieuré de l’ordre de Saint-Benoît et dépendait de l’abbaye de Chaumes. On peut voir actuellement au milieu des vieux bâtiments encore debout les vestiges de l’ancienne chapelle de ce prieuré, dont la construction semble remonter au commencement du XIIIe siècle. D’après M. le baron Jacques de Noirmont, la plus ancienne description que l’on connaisse sur cette communauté daterait du XVIIe siècle ; elle est faite par l’abbé Lebeuf dans son histoire ecclésiastique de Paris et ses environs. Le bâtiment qui contient la chapelle mesure dix-huit mètres cinquante centimètres de longueur et cinq mètres soixante-dix centimètres de largeur ; il devait très probablement servir autrefois d’église. Cette église était à une seule nef et se composait malgré ses dimensions restreintes de deux parties, la nef et le chœur. La première complètement dénaturée aujourd’hui sert de magasin à fourrages ; elle était fermée d’une couverture en charpente dont on aperçoit le bois des poutres. Quant au chœur, il conserve encore malgré les transformations qu’il a subies quelques traces de son ancien caractère. Cette abside de laquelle j’ai pu faire un relevé sur place est de forme assez élégante, terminée par plan demi-circulaire, elle était éclairée par sept baies aujourd’hui en partie bouchée par de la maçonnerie. Ces ouvertures, disent certains auteurs, étaient garnies d’une vitrerie de verre peint à fond rouge représentant différents épisodes de la vie de la Vierge. Ces intéressants vitraux sont paraît-il disparus depuis le siècle dernier. Le chœur proprement dit forme deux divisions de voûtes maçonnées, séparées par une arcature ogivale, au droit de laquelle, et de chaque côté, est adossé au parement intérieur des murs, un accouplement de trois colonnettes formant support aux retombées de l’arc. Ces voûtes sont formées par des nervures à deux tores venant s’appuyer sur les tailloirs de petites colonnes cylindriques ornées de bases de bagues et de chapiteaux. La première travée est fermée à sa partie supérieure en voûte d’arête ; quant à celle extrême du chœur, elle forme une voûte à six divisions dont le point de jonction est garni d’une rosace sculptée formant clef. La sculpture des chapiteaux et des clefs de voûte quoique de composition simple n’est pas sans présenter un certain caractère inspiré certainement de l’ornementation fournie par les motifs empruntés à la flore locale, et précise par la forme donnée à l’ensemble l’époque de son exécution qui rappelle le style permettant une dotation entre le roman secondaire et le commencement de l’époque ogivale primaire. Le pignon de façade aujourd’hui complètement détérioré laisse apercevoir encore cependant les traces de l’ancienne porte d’entrée ouvrant autrefois, sous un cintre appareillé formé d’une double rangée de claveaux en pierre de grès. Au-dessus de cette porte, on remarque l’empreinte d’une ancienne baie d’éclairage, dont la partie supérieure était également cintrée. Ce pignon construit en maçonnerie de pierres brutes est limité à chacun des angles par un énorme contrefort fait d’assises de grès dont la ligne d’axe a été placée obliquement au mur. Cette disposition semble avoir été adoptée par les constructeurs afin de servir de butée à l’ensemble de l’édifice. Quant au développement extérieur, il est sans aucune décoration. Les murs construits en pierre de pays sont bruts, la butée des points d’appui et les retombées des arcs de voûtes sont maintenues par de gros contreforts formés d’assises en grès ; entre ces derniers étaient ménagées les baies d’éclairage dont on peut voir encore actuellement la configuration par les vestiges des anciennes assises en pierre appareillée limitant les tableaux et les cintres. La corniche d’entablement dont il reste encore quelques fragments était faite d’une rangée de pierre taillée dont le dessous figure une série de petits corbeaux régulièrement façonnés. Cette chapelle, dit l’almanach historique de Seine et Marne possédait plusieurs dalles tumulaires ; d’abord dans le chœur était la tombe d’un seigneur d’Evry, une autre tombe portait les traces d’écriture gothique, dans la nef se voyait également une dalle dont le dessus était orné d’une croix relevée en bosse. Malheureusement ces pierres tombales ainsi que le mobilier ont complètement disparu. Il nous reste encore cependant de cet intéressant édifice, un banc de pierre du XIVe siècle que l’on peut voir dans l’église de la commune de Grisy, et deux statues, l’une en pierre de taille et un Saint Leu, en bois sculpté ; ces deux statuettes sont actuellement conservées dans la chapelle du château de Suisnes.

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